Pôle universitaire

Les candidatures sont closes depuis le 11 mai dernier. Le Prix international de l'Innovation en éducation de la Chaire UNESCO Santé sexuelle & Droits humains récompense une initiative originale en matière de Santé sexuelle et de Droits humains, dans le cadre des Objectifs du Développement Durable post 2015 :
• Objectif 3 : Donner aux individus les moyens de vivre une vie saine et promouvoir le bien-être de tous à tous les âges
• Objectif 4 : Veiller à ce que tous puissent suivre une éducation de qualité dans des conditions d’équité et promouvoir les possibilités d’apprentissage tout au long de la vie
• Objectif 5: mettre fin à la discrimination, à l’abus, à l’exploitation et à toutes les formes de violences
• Objectif 10 : réduire les inégalités et les discriminations liées au sexe, au genre et à l’orientation sexuelle

Prix international
Innovation en Education

Prix international de l'Innovation en éducation
 de la Chaire UNESCO Santé sexuelle & Droits humains

ACTIONS

Chaire UNESCO
Santé sexuelle
& Droits Humains

Tout pour DEPOSER votre DOSSIER

Un prix de référence

Sa vocation est de soutenir et de promouvoir les réa-lisations et des actions concrètes qui se donnent pour ambition et ob-jectifs l’épanouissement des individus et /ou des populations, l’amélioration de l’information, l’éducation, la prévention en matière de Santé sexuelle et Droits humains.

Le premier prix a été décerné en 2015.
Pour l’année 2018, le thème retenu concerne les projets réalisés ou en cours de réalisation portant sur :
         Les outils éducatifs à la Santé sexuelle & aux Droits humains



- promouvoir l’égalité des droits entre hommes et femmes, et la réduction de toutes les inégalités ou discriminations
- intégrer la prévention des violences sexuelles
- intégrer les composantes psychiques, émotionnelles et physiques des personnes
- promouvoir une sexualité en sécurité (respect de son intégrité physique et respect de l’autre) par le renforcement des capacités indivi-duelles ou collectives des individus


 


Dans certaines parties du monde, deux filles sur trois déclarent n’avoir aucune idée de ce qu’il leur arrivait au moment des premières règles1
Les complications de la grossesse et de l’accouchement sont la se-conde cause de décès parmi les 15-19 ans avec environ 70 000 ado-lescentes concernées chaque année1

Plus de 700 millions de femmes dans le monde ont été mariées avant leurs 18 ans, dont 250 millions avant leurs 15 ans2
Seuls 34% des jeunes font preuve de connaissances précises sur la prévention et la transmission du VIH1
En France, par ex, 123 femmes en 2016 ont été tuées par leur parte-naire ou ex-partenaire3
En 2016, 93 000 femmes âgées de 18 à 75 ans déclarent avoir été vic-times de viols et/ou de tentatives de viol sur une année4
Parmi les 37 000 femmes, mineures ou majeures, victimes de violences sexuelles, ayant déposé plainte ou ayant fait l’objet d’une constatation par les services de police ou de gendarmerie, 85% sont des femmes et plus de la moitié sont mineures3

Les premiers rapports forcés ou tentatives de viol se produisent plus d’une fois sur 2 avant 18 ans chez les femmes et plus de 3 fois sur 4 chez les hommes5. D’ailleurs  en milieu scolaire, les violences sexuelles sont le premier motif de signalement dans les établissement du second degré. Les signalements représentent en milieu scolaire environ 0,8% des élèves scolarisés dont 60% de filles et 40% de garçons. Ces vio-lences prennent diverses formes : propos sexistes, harcèlement sexuel, exhibitionnisme, chantage, menaces, messages ou images pornogra-phiques,  et aussi utilisation de la force, du baiser forcé aux attouche-ments jusqu’au viol…  Il existe également deux autres formes de vio-lences : les mariages forcés et les mutilations sexuelles féminines qui touchent essentiellement les jeunes filles ou les femmes immigrées6

La prise de parole de certaines femmes ainsi que le relai de celle-ci par l’intermédiaire des réseaux sociaux et la création de mouvements comme #MeToo ont contribué au dévoilement et surtout à l’irruption dans le débat public de l’immensité des violences subies par les femmes. Plus récemment encore, le gynécologue congolais, Denis Mukwege, ainsi que la jeune Yazidie Nadia Murad, récompensés du prix Nobel de la paix alertent sur les violences sexuelles et la nécessité de mettre fin à leur emploi en tant qu’armes de guerre et plaident pour un monde plus pacifique qui « ne peut advenir que si les femmes, leur sécurité et leurs droits fondamentaux sont reconnus et préservés en temps de guerre ».

Dans le même temps, la mise en place en France des nouveaux pro-grammes à la sexualité au sein des écoles, initié par la loi du 8 juillet 2013, qui impose 3 séances annuelles d’information d’éducation à la sexualité dans les collèges et lycées, a suscité des inquiétudes sur les conséquences d’une éducation sexuelle précoce et qui échapperait au contrôle parental, et ce malgré des guides qui précisent le cadre mé-thodologique et éthique des interventions (prise en compte des valeurs culturelles, de l’intimité, de l’âge… ). Ces inquiétudes ont été réactivées par la nouvelle stratégie nationale de santé sexuelle 2017-2030 du Mi-nistère des affaires sociales et de la solidarité qui apporte un certain nombre de recommandations touchant à l’éducation des jeunes à la sexualité, à la santé sexuelle et aux relations entre personnes

Ces faits nous obligent à considérer qu’une sexualité positive, c’est à dire libre, consentie, respectueuse de l’autre, et préservant sa propre intégrité physique et psychique, nécessite de lutter contre les discrimi-nations de sexe, de genre, d’orientation sexuelle, et d’acquérir des compétences précoces pour être en capacité ultérieurement de con-sentir ou non à une relation sexuelle en fonction de ses choix et convic-tions personnelles.  Mais que, pour autant, si l’éducation à la santé sexuelle pour l’enfant se doit de « soutenir sa croissance, son épa-nouissement, sa disponibilité au plaisir, à l’expression de son désir, pour favoriser sa capacité de rencontrer l’autre et de le respecter dans la différence », elle doit préserver l’enfant d’une « effraction par une ex-citation sexuelle prématurée »7

Il ne s’agit donc pas seulement de combler les manques de connais-sances en matière de sexualité, ni de continuer à conduire une éduca-tion sexuelle limitée à la prévention des grossesses non désirées ou des infections sexuellement transmissibles, mais à mettre en place une véritable éducation à la santé sexuelle qui intègre le rôle des détermi-nants environnementaux qui influencent les comportements sexuels et en débutant dès le plus jeune âge mais en adaptant l’éducation à l’âge tout en promouvant et respectant les valeurs des droits humains.

Dans cette perspective, il est nécessaire de développer des outils inno-vants en matière d’éducation à la santé sexuelle pour une sexualité éthique et respectueuse.

                      Dr Arnaud SEVENE,
                président du prix international 2018

1) Intervention de Joanna Herat, section of Health & Education à l’UNESCO, journée du 26/9/2016 de la chaire UNESCO Santé Sexuelle et Droits Humains à Paris
2) Lettre de l’Observatoire national des violences faites aux femmes, n°3, oct 2014
3) source : Ministère de l’Intérieur
4 Source : enquête « cadre de vie et sécurité » 2012 - 2017, INSEE-ONDRP-SSM-SI
5) Enquête VIRAGE. Ined 2016
6) Comportements sexistes et violences sexuelles. Guide ressources collèges et ly-cée
7) Allocution du Dr Pierre BENGHOZY à la Journée de la Chaire UNESCO SS&DH du 26 septembre 2018 à Paris



 

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